Une famille parisienne récompensée pour sa natalité record au début du XXe siècle





Au début du XXe siècle, les campagnes de recensement étaient cruciales pour l'élaboration des politiques publiques, et un examen rétrospectif révèle des informations fascinantes sur le Paris d'antan.
Les recensements parisiens ont commencé à fournir des données statistiques détaillées dès le XIXe siècle, mais c'est en 1926 que Paris a introduit des listes nominatives pour la première fois. Ces documents, conservés aux Archives de Paris, offrent une vue unique de la population, enregistrant des informations telles que le nom, l'année de naissance, la nationalité, le statut matrimonial et la profession. Ces données ont permis de distinguer trois catégories de résidents : la population habituelle, les visiteurs et les populations spécifiques comme celles des casernes ou des hôpitaux. C'est dans ce contexte qu'un couple, Jules et Juliette Guillemin, a attiré l'attention, recevant même un prix de l'Académie française.
Le faible taux de natalité de Paris à l'époque, où la moitié des couples mariés n'avaient pas d'enfants, a conduit à la mise en place de politiques natalistes. Des mesures telles que les allocations familiales et la création de la Journée nationale des mères de familles nombreuses ont été introduites pour encourager la procréation. En 1936, la famille Guillemin, résidant dans le 8e arrondissement et comptant douze enfants, a été récompensée par le prix Cognacq-Jay de 25 000 francs. Cette « performance » extraordinaire a été largement médiatisée, avec une photographie de la famille publiée en première page du journal L'Intransigeant. Cette période est actuellement mise en lumière par une exposition intitulée « Les Gens de Paris, 1926-1936 – Dans le miroir des recensements de population » au musée Carnavalet – Histoire de Paris. L'exposition présente plus de 200 œuvres et des témoignages audio, offrant une immersion dans la vie parisienne de l'entre-deux-guerres, explorant des thèmes intemporels comme les droits de l'enfant, les politiques familiales et les migrations.
L'histoire de la famille Guillemin est un témoignage éclatant de l'importance de la vie familiale et de la persévérance à travers les époques. Leurs sacrifices et leur succès dans l'éducation d'une famille nombreuse dans une période difficile sont une source d'inspiration, démontrant la capacité humaine à s'épanouir et à contribuer positivement à la société, malgré les défis. Leur parcours nous rappelle que le dévouement familial peut transcender les époques et laisser une empreinte durable.