Le 'Blue Monday' : mythe commercial ou réalité d'une déprime hivernale ?




Le troisième lundi de janvier est souvent désigné comme le « Blue Monday », le jour le plus triste de l'année, une affirmation répandue et acceptée par beaucoup. Cette tradition annuelle voit les médias sociaux et les commerces s'activer pour évoquer ou combattre cette mélancolie supposée. En 2026, cette journée tombera le 19 janvier, ravivant la question : pourquoi cette date précise est-elle perçue comme particulièrement morose ?
Le concept du « Blue Monday » trouve son origine en 2005, dans une campagne publicitaire de Sky Travel, une agence de voyages britannique. Dans le but de stimuler les ventes en début d'année, l'entreprise a commandé à un psychologue, Cliff Arnall, une formule mathématique prétendument capable de déterminer ce jour spécifique. Cette équation intégrait des variables non mesurables telles que la météo défavorables, les dettes accumulées après les fêtes, l'éloignement de Noël, la baisse de motivation et l'abandon des résolutions du Nouvel An. Bien que son caractère scientifique ait été rapidement contesté, et malgré les excuses d'Arnall lui-même en 2018 pour avoir donné une connotation négative à cette journée, l'idée a persisté dans l'imaginaire collectif, devenant un véritable phénomène culturel.
Malgré la nature purement commerciale du « Blue Monday », il est indéniable que le mois de janvier peut être une période difficile pour beaucoup. L'absence de lumière hivernale influence réellement notre moral en stimulant la production de mélatonine, l'hormone du sommeil, pouvant entraîner une sensation de fatigue et de baisse d'énergie. Cependant, la science n'a jamais établi de lien entre une date spécifique et un pic de déprime. Le véritable blues hivernal est un état d'esprit qui s'étend sur une période et non pas sur une seule journée. Réduire la dépression à un simple « mauvais jour » annuel risque de minimiser les difficultés réelles rencontrées par certaines personnes. Plutôt que de célébrer un mythe commercial, il est plus pertinent de reconnaître que l'hiver peut être rude et qu'il est normal de ressentir une baisse de moral. Des activités simples comme une promenade en plein air ou un moment partagé avec des amis peuvent apporter un réconfort bien plus grand que n'importe quelle équation marketing.
Le débat autour du « Blue Monday » met en lumière l'importance de distinguer les réalités émotionnelles des artifices commerciaux. Plutôt que de succomber à des concepts éphémères, nous devrions nous concentrer sur le bien-être individuel et les moyens concrets d'améliorer notre humeur durant les mois les moins lumineux. La reconnaissance des vrais défis de l'hiver et la recherche de solutions personnelles sont des approches bien plus positives et efficaces pour naviguer à travers cette période de l'année.